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Nos choix majeurs dans la vie: (2) en existe-t-il de mauvais ?

Denis Bourgeois et Phil Dixon

Janvier 2016

Dans ce second article, nous nous demandons si, en matière de choix majeurs dans la vie, il existe de mauvais choix. Autrement dit, nous explorons la possibilité de qualifier de tels choix de « bons » ou de « mauvais » et, si une telle possibilité existe, sur quelles bases d’évaluation.

 

Dans le premier article de cette série, nous avions défini ce que nous entendions par « choix majeurs dans la vie » et nous avons suggéré quelques raisons pour lesquelles de tels choix peuvent être difficiles. Nous avions défini un choix majeur dans la vie comme tout choix qui va contribuer significativement à façonner la personne que nous sommes et ce que nous faisons de nos vies. Il peut avoir trait, par exemple, au mariage, aux enfants, à la carrière, à l’engagement dans des études, dans l’art ou la spiritualité, à la lutte pour une cause, à l’installation dans une région et une habitation données, à l’adoption de principes éthiques de conduite...

Nous avions également expliqué comment nous travaillons dans la recherche que nous conduisons sur ce sujet et qui nous permet d’écrire ces articles. Nous nous sommes appuyés sur nos expériences personnelles en matière de choix majeurs, en nous aidant mutuellement à en tirer des leçons. Ayant tous les deux dépassé la soixantaine, la matière ne manquait pas... Nous avons également puisé dans nos expériences lorsqu’il nous a été donné d’aider d’autres personnes devant faire de tels choix. Nous avons complété ces sources personnelles par quelques lectures (les références apparaîtront au fil des articles) ainsi que par des entretiens spécialement dédiés à cette recherche auprès d’une quinzaine de personnes de nos réseaux, de tous âges et de profils variés ; celles-ci nous ont parlé de certains de leurs choix majeurs, présents ou passés, ou, lorsque les interviewés étaient des coaches, de la façon dont ils aident leurs clients dans ces circonstances. Au travers de ces entretiens, nous recherchions des points de vue différents du nôtre et nous testions les hypothèses de travail que nous avions formulées. Nous ne présentons donc pas ici le résultat d’une recherche académique approfondie. On peut plutôt parler d’un essai étayé, écrit par des praticiens du choix (nous le sommes tous) qui s’efforcent de réfléchir sur leur pratique.

Existe-t-il donc des mauvais choix ? Dans notre recherche, nous avons identifié quatre bases à partir des quelles ces choix peuvent être évalués. Chacune implique une façon particulière de définir ce qu’est un « bon » ou un « mauvais » choix. Nous avons également constaté l’influence majeure de l’état d’esprit de la personne procédant à l’évaluation. Cet état d’esprit peut conditionner le choix d’une de ces bases d’évaluation ainsi que le résultat positif ou négatif de celle-ci.

Nous allons considérer tour à tour chacune de ces bases d’évaluation ainsi que, lorsque cela sera pertinent, le rôle de l’état d’esprit de la personne qui évalue.

L’évaluation à partir des effets attendus : est-ce que le choix m’apporte ce que j’en attends ?

Dans cette perspective, il existe des cas clairs de « mauvais » choix, c'est-à-dire de choix qui ne produisent pas l’effet attendu. Dans nos entretiens, nous avons recueilli des récits de mariages interrompus après seulement quelques mois, ou d’une affaire qui fut lancée mais qui ne décolla pas et fut arrêtée deux ans plus tard.

Cependant, dans de nombreux cas, ce n’est pas aussi clair. Prenons l’exemple du choix de se marier ou celui de s’engager dans un job. Il est souvent difficile de décider rationnellement qu’il est « bon » ou « mauvais » parce que :

  • on ne saura jamais ce qu’auraient produit les autres choix qui se présentaient : celui d’autres conjoints possibles, ou celui de rester célibataire, celui d’autres jobs possibles.

  • Il y a toujours du pour et du contre dans toute situation ; comment évaluer leur poids respectif ?

  • Dans le cas d’un choix qui continue à produire ses effets (ex. un mariage ou un job toujours en cours), on ne peut pas savoir si l’évaluation que nous pourrions en faire à un moment donné ne changerait pas quelques temps plus tard, du fait notamment d’évènements nouveaux qui peuvent se produire.

Au final, le mieux que nous puissions faire rationnellement est probablement de qualifier un choix de « suffisamment bon jusqu’à présent » ou de « apparemment mauvais à ce jour ».

Nous pouvons aussi évaluer nos choix intuitivement et nous sentir heureux ou pas d’un choix donné avec plus ou moins de certitude. Cependant, d’après nos observations, l’intuition fonctionne avec une démarche plus globale ; elle est donc associée aux autres bases d’évaluation. Nous y revenons plus bas.

L’évaluation à partir de l’ensemble des effets produits : qu’est-ce que le choix m’apporte, qu’il s’agisse d’effets attendus ou pas ?

Les choix ont toujours des effets inattendus et involontaires.

Les cas clairs de « mauvais » choix cités plus haut deviennent plus complexes à évaluer si on prend en compte tous leurs effets.

Voici un exemple frappant recueilli durant nos entretiens.

Fabienne avait 25 ans lorsqu’elle s’est mariée. Une semaine avant le mariage, elle avait dit à sa sœur : « je fais une c.... ». Cependant, elle ne renonça pas. Quelques jours après le mariage, elle ne pouvait plus marcher. Elle fut admise à l’hôpital. Diagnostic : sclérose en plaques. Depuis lors, elle se déplace en fauteuil roulant car elle ne peut faire que quelques pas par elle-même. Le mariage ne dura effectivement que quelques mois.

Plus de quinze ans après, elle continue à lutter pour guérir ; elle s’est engagée dans un profond travail psychologique et spirituel qui l’a aidée à rester positive et résiliente ; selon elle, ce travail lui a permis de mieux comprendre le sens de sa maladie et de sa vie. Voici ce qu’elle dit de ce choix de mariage : « j’ai dit à ma sœur que je faisais une c..., mais j’ai choisi de la faire. Je ne savais pas alors quelles conséquences cela aurait mais elles m’ont permis de faire tout ce travail sur le plan psychologique et spirituel. Je ne regrette rien. Je ne me suis jamais dit : « si je ne m’étais pas mariée, qu’est-ce qui serait arrivé etc... ». Sinon, on est ancrés dans le passé, dans le négatif. Pour moi, un mauvais choix, c’est un choix qui donne des regrets. Je n’ai pas de regret de cela”.

Cet exemple montre que l’évaluation d’un choix peut être bien plus complexe que le simple examen des effets attendus. Du point de vue des effets attendus, nous avons ici un cas clair de « mauvais » choix puisque le mariage a peu duré. Pourtant, Fabienne, ne le considère pas comme tel. En fait, elle introduit trois niveaux supplémentaires de complexité.

Premièrement, ce choix a eu des conséquences importantes sur sa santé. Certes, on peut le contester et rejeter toute relation de cause à effet entre le mariage et la maladie. La succession rapide des deux évènements est frappante mais on ne pourra jamais prouver formellement leur lien. Le point important ici est qu’elle a fait le lien entre les deux. Pour elle, la sclérose en plaques a été une conséquence non voulue d’un choix qui n’était pas juste pour elle. Au passage, ceci nous ramène à une des pistes que nous explorerons plus en profondeur dans notre prochain article, qui traitera des techniques pour traiter des choix majeurs dans la vie. Cette piste consiste à observer comment on se sent lorsqu’on a fait un choix donné ou quand on s’imagine en train de le faire. Beaucoup des personnes que nous avons interrogées disent ressentir des effets sur le plan physique ou émotionnel, à la suite de tels choix, même si, bien sûr, ces effets ne sont pas toujours aussi forts que dans le cas de Fabienne.

Donc, si on ajoute aux effets attendus un premier effet inattendu, le ressenti physique ou émotionnel que l’on peut avoir après le choix, on obtient une seconde base d’évaluation. Dans le cas de Fabienne, qui a ressenti que son corps réagissait négativement à son choix, on pourrait décider que son choix, à partir de cette seconde base d’évaluation, avait été « mauvais ». Pourtant, ce n’est pas ainsi qu’elle le voit.

Elle introduit en effet un deuxième niveau de complexité en termes d’effets inattendus et involontaires :grâce à cet évènement, elle s’est engagée dans un travail psychologique et spirituel et, à ses yeux, elle n’aurait pas été aussi loin en la matière si elle était restée en bonne santé. Nous avons recueilli dans nos entretiens d’autres témoignages d’effets inattendus et involontaires positifs. Il y en a deux sortes. D’une part, il peut s’agir d’un enchaînement d’évènements: par exemple, le fait de choisir un certain job amène une personne à vivre dans une région où elle n’aurait jamais pensé aller et où elle va se prendre d’une passion pour la défense des traditions locales, ou bien où elle va trouver son conjoint. D’autre part, les échecs et les ennuis sérieux offrent un énorme potentiel d’enseignements à propos de soi-même et de la vie ainsi que des occasions privilégiées de développer sa propre résilience. Dans le cas de Fabienne, ces deux sortes d’effets inattendus et involontaires se trouvent mêlés. Ainsi, un « mauvais » choix du point de vue des seuls effets attendus, ou en tenant compte des signaux négatifs envoyés par le corps, peut finalement être vu comme utile et positif.

Cependant, pour que ce changement de regard s’opère, il faut introduire un troisième niveau de complexité, comme le montre l’histoire de Fabienne. Comme elle le dit, un mauvais choix serait pour elle celui qui lui donne des regrets et elle n’en a pas au sujet de son choix. Donc, si le « bon » choix signifie « pas de regrets », il dépend de l’état d’esprit de la personne. Ceci est probablement la clé de la résilience, et, en particulier, de celle, indéniable, dont Fabienne fait preuve : prendre ce qui arrive positivement et sans regrets. « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends » est une autre façon d’exprimer cet état d’esprit (nous n’avons pu trouver l’auteur de cette phrase). Dans cette perspective, il ne peut y avoir de « mauvais » choix...

Dans la partie précédente, nous avons dit que, dans la plupart des cas, il est impossible d’évaluer complètement et rationnellement un choix sur la base de ses effets attendus. Cela devient encore plus vrai lorsqu’on élargit le spectre des effets pour inclure ceux qui sont inattendus et involontaires. La variété des éléments pour et contre est en effet grandement accrue. Seule l’intuition peut alors nous aider et elle dépend beaucoup de notre façon de voir la vie. La plupart des personnes que nous avons interrogées étaient capables d’évaluer les choix majeurs faits dans leur vie et cette évaluation était fondée sur un ressenti global et intuitif , et sur leur façon de voir la vie.

Pour résumer le point où nous sommes parvenus ici, nous avons identifié trois bases d’évaluation d’un choix majeur dans la vie, toutes trois à partir de ses effets : les effets attendus, les signaux physiques ou émotionnels ressentis après ce dernier, l’ensemble des effets y compris ceux qui sont inattendus. Toutes trois peuvent conduire à qualifier un choix de « mauvais ». Cependant, nous avons aussi relevé qu’une personne dotée d’un état d’esprit positif, ne donnant pas prise aux regrets, aura tendance à choisir la dernière des ces trois bases d’évaluation et à considérer qu’il n’y a pas de mauvais choix, tout au plus des erreurs à partir desquelles on peut apprendre et grandir.

Nous n’avons cependant pas encore épuisé le sujet. De par nos entretiens comme de nos propres expériences, il y a encore une autre façon d’évaluer un choix donné et cela, sans se préoccuper de ses effets.

L’évaluation à partir de la voix intérieure que l’on écoute en effectuant le choix: ai-je écouté la voix que je devais écouter ?

Quand nous sommes face à un choix difficile, plusieurs voix peuvent parler en nous et il peut y avoir débat entre elles ; certaines de ces voix intérieures peuvent résonner avec certaines voix extérieures autour de nous, telles que celles d’amis ou de membres de notre famille, lorsque nous parlons avec eux de ce choix. Lorsque nous prenons finalement notre décision, nous avons donné la préférence à une voix ou à un groupe de voix. Ceci est encore une fois intuitif mais il est possible de se sentir satisfait ou insatisfait de son choix parce que nous avons le sentiment d’avoir écouté ou pas la « bonne » voix.

Nous avons recueilli quatre types d’histoires sur ce thème lors de nos entretiens ou en passant en revue nos propres expériences.

a. quand une voix intérieure dit « non » à un choix en train de se faire, que la personne sent que cette voix a raison mais qu’une autre voix intérieure lui suggère qu’il est trop tard pour « arrêter le train ».

L’histoire de Fabienne (voir ci-dessus) en est un bon exemple ; nous en avons recueilli d’autres et nous donnons plus de détails dans « Quand il est trop tard pour arrêter le train ». Dans ces cas, la personne n’a pas le courage d’arrêter quand il est encore temps de le faire... et, en général, les résultats attendus du choix ne sont pas au rendez-vous. Ce choix est alors vu comme « mauvais » du point de vue des résultats attendus mais aussi du fait que la personne n’a pas écouté la voix qu’elle ressentait comme étant celle qui donnait le bon conseil. Cependant, si l’on prend comme base d’évaluation l’ensemble des effets, sur une période longue, le choix peu ne plus être « mauvais », surtout si l’état d’esprit de la personne concernée lui fait voir le coté positif des effets inattendus.

b. Quand le choix est entre une voie facile (à court terme) et une voie plus courageuse, semblant plus en accord avec les aspirations et l’éthique de la personne mais demandant d’affronter de l’incertitude et des peurs.

Cette catégorie est voisine de la précédente mais sans le syndrome du train à arrêter. Les personnes dans cette situation sont dans l’inconfort et l’hésitation mais elles ont d’avantage de temps pour y travailler. Un bon exemple en est l’histoire de Diana. Ce qui est ressenti comme le « bon » choix est celui qui demande du courage, parce que c’est celui qui donne un sentiment de cohérence avec soi-même et de satisfaction. Cela dit, avec un état d’esprit positif, ne pas écouter la voix qui nous guide dans ce sens peut être simplement vu comme une erreur porteuse d’enseignements.

Les choix éthiques peuvent appartenir à cette catégorie et il en est qui peuvent changer le cours d’une vie (par exemple, quitter un job pour des raisons éthiques). Dans ce cas, les choix ne peuvent être évalués d’après leurs effets mais, précisément, à partir de la voix intérieure que la personne écoutera, avec le possible résultat de se sentir en paix ou en harmonie avec soi-même (voir exemple dans ce site).

c. Quand le choix est entre des options qui sont toutes porteuses de progrès personnel mais qui feraient chacune de la personne concernée quelqu’un de différent. Ces options ne semblent donc pas s’opposer de la même manière que précédemment (confort court terme vs changement plus difficile mais plus prometteur).

Ceci advient quand quelqu’un se trouve à un carrefour dans la vie où le changement est de toutes façons inévitable. Nous avons recueilli des exemples de telles situations auprès de jeunes venant de terminer leurs études et qui hésitent entre divers types de carrière (voir l’exemple de Joan)...ou bien auprès d’une personne récemment à la retraite réfléchissant à ce qu’elle allait faire de son nouveau temps libre. Cette hésitation peut cesser... ou durer. La « bonne » voix à écouter peut alors rester longtemps muette ou inaudible...

d. Quand le choix apparaît évident.

C’est l’inverse de la catégorie précédente. Certaines personnes interrogées nous ont parlé de situations où elles avaient une vision claire de ce qu’elles devaient choisir. « Il me semblait qu’il n’y avait pas de choix » était alors grosso modo ce qu’elles nous disaient. Du coup, évidemment, elles avaient le sentiment de faire le « bon » choix. Cette vision claire peut survenir dès que le choix se présente ou après des hésitations. Dans ce dernier cas cela constitue le « happy end » d’une des situations décrites ci-dessus (catégories b et c)

Il est à noter qu’un “bon” choix dans cette perspective (la voix que l’on écoute) peut être « mauvais » en termes d’effets attendus. L’histoire de Juliette et Bernard est intéressante à cet égard. Ils avaient emménagé dans une nouvelle maison et ils étaient certains au départ qu’ils avaient fait le bon choix. Certains de leurs proches en avaient douté et, parmi eux, plusieurs s’étaient amusés à parier sur le temps qu’ils allaient rester dans cette maison. Ils avaient eu le coup de foudre pour elle, principalement à cause de son jardin et de son environnement et ils avaient décidé que certains inconvénients de la maison elle-même seraient tolérables (dont en particulier les nombreuses marches séparant ses diverses parties). Trois ans plus tard, ils cherchaient une nouvelle habitation et ils mettaient cette maison en vente...Voilà un cas clair de « mauvais » choix en termes d’effets attendus. Bernard en parle ainsi : « Souvent, quand les gens nous mettent en garde à propos de quelque chose, nous y faisons attention ; mais, dans ce cas-là, nous pensions simplement qu’ils ne comprenaient pas notre logique. Donc, nous n’avons pas hésité pour acheter cette maison. Mais il est arrivé deux choses : 1/ il y a eu des évènements qui ont rendu les inconvénients de la maison plus gênants que prévu (dont des problèmes de santé de ma femme) 2/ le jardin est trop grand, il nous prend trop de temps pour le mode de vie que nous voulons mener maintenant ; nos vues là-dessus ont évolué, ou peut-être qu’elles sont plus claires qu’il y a trois ans. Est-ce qu’on aurait pu prévoir tout cela, ou bien était-ce imprévisible ? Probablement un peu des deux mais je n’ai pas de regrets malgré le désagrément de devoir encore déménager. Nous avons été fortement attirés à venir ici ; si c’est seulement pour quelques années, nous comprendrons peut-être pourquoi plus tard... »

Notons également que l’état d’esprit reste déterminant. Ce que nous avons dit plus haut reste vrai ici : un état d’esprit positif amène à ne pas considérer un choix comme « mauvais », même lorsqu’on ne suit pas la voix intérieure qui semble juste. La façon dont Fabienne regarde son histoire en est un bon exemple.

Existe-t-il des mauvais choix ?

A cette simple question il n’y a pas de réponse simple…Au fil de cette recherche, nous avons pu voir qu’elle peut recevoir des réponses bien différentes.

Pour nous résumer, nous avons étudié quatre façons d’évaluer un choix majeur dans la vie. Chacune appelle une définition différente de ce qu’est un choix bon ou mauvais. Il est probable d’ailleurs que ces quatre façons valent également, d’une manière ou d’une autre, pour des choix plus mineurs mais ne nous ne nous sommes pas attardés sur cette question.

 

Base de l’évaluation

Definition d’un mauvais choix

Mode d’évaluation (rationnel ou intuitif)

Effets attendus

Quand il est clair que les effets attendus ne se produisent pas.

Dans les autres cas, seules des évaluations de type “suffisamment bon jusqu’à présent” ou “apparemment mauvais à ce jour” sont possibles

Rationnel

Signaux sur le plan physique ou émotionnel reçus après le choix

Quand ces signaux sont négatifs (par ex. sérieuse indisposition, maladie)

Intuitif, puisque l’interprétation des signaux est subjective

Tous les effets, y compris les effets inattendus et involontaires

Quand l’ensemble des effets négatifs pèse plus lourd que celui des effets positifs

Intuitif (trop complexe pour être soupesé rationnellement)

La voix intérieure qui est suivie en faisant le choix

Quand une voix intérieure dit “non” au choix en train de se faire, que la personne sent que cette voix a raison mais qu’elle ne la suit pas

Intuitif

...Et nous avons identifié une caractéristique de l’état d’esprit de la personne concernée, qui va beaucoup influencer son choix d’une des bases d’évaluation... ainsi que le résultat de celle-ci.

 

Etat d’esprit

Bases d’évaluation qui peuvent être choisies

Existe-t-il des mauvais choix ?

Positif; absence de regrets; “je ne perds jamais, je gagne ou j’apprends”

Tous les effets (aucune autre base d’évaluation n’est pertinente)

Non; au pire, il existe des erreurs à partir des quelles on peut apprendre et grandir.

Vulnérabilité aux regrets

Toutes

Oui, c’est possible

Finalement, on peut voir que la plupart des façons d’évaluer nos choix majeurs dans la vie reposent sur l’intuition et sont donc hautement subjectives. Ceci n’est pas une surprise car nous avions vu dans le premier article que, déjà pour faire ces choix, les techniques rationnelles de prise de décision ne sont pas d’un grand secours.

La grande question est donc : « comment écouter la bonne intuition ? »

Dans le prochain article, nous traiterons de cette question : comment les personnes s’y prennent-elles face aux choix majeurs dans leur vie, quelles techniques utilisent-elles, en particulier lorsque le choix est difficile ? Cet article et le précédent ont posé quelques bases qui nous seront utiles pour comprendre la logique de ce que nous avons appris à ce sujet au travers de la littérature, de nos entretiens et de nos propres expériences.


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