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Nos choix majeurs dans la vie: (3) comment les gens s'y prennent-ils?

Décembre 2016

Les choix majeurs dans la vie sont parfois difficiles Nous nous sommes intéressés à la façon dont une variété de personnes d'âge, de profil et d'origine différents s'y prennent pour y faire face. Notre but était d'explorer l'éventail de ces façons d'opérer. Il y a deux intérêts à cela. Tout d'abord, lorsqu'on ne maîtrise pas bien une tâche, il peut être intéressant de voir comment d'autres s'y prennent, pas nécessairement pour faire comme eux mais comme moyen de stimuler notre propre intuition à propos de ce qui peut être bon pour nous. Ensuite, derrière la grande diversité des façons de faire que nous avons recueillies, nous avons cherché à identifier un nombre limité d'invariants, de mécanismes fondamentaux qui peuvent nous apprendre quelque chose sur la nature humaine et les lois d'une quête, ou, en d'autres termes, nous avons cherché l'ordre sous le chaos apparent. Dans cet article-ci, nous partageons une sélection de notre “matériau brut”, c'est à dire des extraits de nos notes d'entretiens et de nos lectures .

 

Dans l'article suivant, nous irons à l a recherche de cet ordre sous le chaos apparent. Cette recherche a été jusqu'ici menée conjointement par Denis Bourgeois et Phil Dixon. Nous avons collecté ensemble les données, procédé à de premières analyses et écrit deux articles déjà publiés sur ce site : « Nos choix majeurs dans la vie : (1) ce qui les rend spéciaux … et parfois difficiles » et « Nos choix majeurs dans la vie : (2) en existe-t-il de mauvais ? ». Toutefois, Phil n'a pu poursuivre au-delà de ce stade. Cet article-ci a donc été produit par Denis, qui en porte seul la responsabilité.

Dans le premier article ,  n ous avions défini un choix majeur dans la vie comme tout choix qui va contribuer significativement à façonner la personne que nous sommes et ce que nous faisons de nos vies. Il peut avoir trait, par exemple, au mariage, aux enfants, à la carrière, à l’engagement dans des études, dans l’art ou la spiritualité, à la lutte pour une cause, à l’installation dans une région et une habitation données, à l’adoption de principes éthiques de conduite...

Comme nous l'avions également indiqué, nous nous sommes appuyés, dans cette recherche, sur notre propre expérience de ces choix majeurs, ainsi que sur notre expérience lorsque nous avons été amenés à aider d'autres personnes confrontées à de tels choix. Nous avons complété ces sources personnelles par des lectures et des entretiens sur cette question avec une quinzaine de personnes de nos réseaux, d'âge, de profil et d'origine variés. Elles nous ont parlé de leurs choix passés ou présents et, lorsque ces personnes étaient des coaches, de la façon dont elles aidaient leurs clients dans ces situations. Nous ne présentons donc pas ici le produit d'une recherche académique approfondie; on peut plutôt parler d'un essai documenté, écrit par des praticiens du choix - nous en sommes, comme tout un chacun. Les limites importantes de ce travail tiennent à l'échantillon des personnes avec qui nous avons parlé et aux lectures que nous avons faites, au temps que nous avons passé à y réfléchir, et, plus largement, à notre connaissance de nous-mêmes et de la vie.

 

Les choix majeurs dans la vie : extraits de textes et de notes d'entretiens

1. (homme, âge médian)

A ce moment- là, je sentais que j'avais fait mon temps dans l'organisation où je travaillais depuis déjà longtemps. J'avais commencé à pensé à en partir et à m'établir comme consultant. Il se trouve que c'était une bonne période pour partir : les projets importants que j'avais conduits étaient terminés et de nouveaux devaient démarrer. Juste à ce moment-là, on m'a proposé un nouveau job dans la même organisation ; quelques années auparavant, j'aurais été très intéressé et cela constituait une promotion importante. Il fallait donc que je donne une réponse. C'était comme un coup de pouce. Quand j'ai reçu la lettre, j'ai ressenti que je ne l'accepterais pas. Je suis rentré à la maison ce soir-là et j'en ai parlé à ma femme ; elle est une excellente coach. Et j'ai pris ma décision. Cela s'est très bien passé ; dans les mois qui ont suivi, j'ai eu plusieurs propositions de missions comme consultant. J'apprécie d'être plus souvent à la maison avec mes enfants. C'est une transition heureuse !

Donc, avant de parler à ta femme, ta décision n'était pas complètement prise ? Comment cette conversation t'a-t-elle aidé à la prendre ? C'est vrai, je n'avais pas encore pris de décision définitive. Je trouve qu'il est sage, c'est peut-être un besoin pour moi, de parler avec des gens bien avant de prendre une décision importante. Et bien sûr, avec ma femme, à la fois parce qu'elle est un bon coach et aussi parce que cette décision avait évidemment des conséquences importantes pour notre famille. J'en ai aussi parlé avec mes deux filles chéries qui sont adolescentes. Bref, je crois que l'essence de la conversation était au sujet de mon but et ma quête dans la vie et comment y réussir au mieux. J'ai senti que, si je restais avec mon employeur d'alors, je continuerais à faire encore et encore la même chose et que, si je travaillais dans un nouveau cadre, je pourrais aider des gens et des organisations de façon meilleure et plus efficace.

 

2. (femme, âge médian, active dans la lutte pour l'égalité hommes-femmes dans son pays ; a récemment décidé de s'inscrire dans un programme doctoral d'une université européenne prestigieuse, ce qui n'est pas courant dans son pays).

Comment as-tu pris cette décision ? Dans un numéro de notre magazine, nous avions parlé du livre de Sheryl Sandberg et nous y avions posé la question qu'elle pose dans son livre : « que feriez-vous si vous n'aviez pas peur ? ». Les membres du comité éditorial avaient contribué personnellement en répondant à la question et ma propre réponse avait été : « je ferais mon doctorat ». Du coup, j'ai reçu beaucoup d'encouragements et de soutien de la part de collègues et d'amis. Je suis très heureuse. Auparavant, j'avais besoin de savoir où j'en serais dans deux, cinq, dix ans. J'étais anxieuse à ce sujet. Maintenant, je suis dans l'incertitude en ce qui concerne mon avenir mais j'ai confiance en l'univers.

C'est un énorme changement ; comment y es-tu parvenue ? Je ne sais pas précisément. Probablement, je me suis approchée du bord doucement au cours des dernières années, avec beaucoup d'anxiété. Et puis, j'ai fait le saut, un acte de foi, et on verra comment cela va se terminer.  

 

3. (femme, âge médian)

Dans tous mes choix, je suis le même mécanisme. Je suis très intuitive, je suis mon instinct sans me poser de questions. J'ai fait des choix importants de cette manière, comme de m'installer dans une nouvelle ville où je ne connaissais personne. C'était facile.

Pouvez-vous en dire plus sur cette intuition qui vous permet de prendre des décisions majeures ? C'est presque une sensation physique ; je sens que c'est le bon choix, par exemple, en visitant une maison où je décide que c'est là que je vais vivre. Quand j'y pense, j'ai fait de mauvais choix dans ma vie et ils étaient en matière de relations. Je me souviens particulièrement de l'une d'elles dont je sentais au départ qu'elle n'était pas pour moi. Mais l'homme a insisté et je n'ai pas écouté mon intuition. Dans ces cas-là, j'accorde plus de valeur à l'opinion des autres qu'à la mienne.

Vous avez des techniques pour stimuler cette intuition ? La prière, la méditation, pour calmer le bruit. Tenir un journal, cela m'aide à être honnête avec moi-même.

 

4. (voir « les e nfants de Diana »  dans ce site pour le contexte complet ; elle est sur le point de décider de ne plus donner la priorité à sa carrière professionnelle et de prendre un travail moins contraignant pour se consacrer d'avantage à ses enfants)

J’en ai parlé à mon mari ; il m’a dit qu’il me soutiendrait, quelle que soit ma décision. J’ai aussi parlé à un ancien patron qui était une sorte de mentor pour moi. Il m’a conseillé de continuer avec la même entreprise mais en essayant de changer de poste. En un sens, cela m’a permis de clarifier que je ne voulais pas ça... Du coup, je suis allée voir ma DRH et je lui ai parlé de mon intention. C’était prendre un énorme risque puisque je n’avais pas d’offre officielle de l’autre entreprise mais c’était important pour moi d’être claire avec elle. En fait, elle a été très encourageante ; après cet entretien, j’avais sa bénédiction ! Cela m’a confortée dans ma décision et m’a beaucoup soulagée ! Au fond de moi-même, je réalisais que mes enfants devaient devenir ma priorité maintenant, c’était mon devoir de mère.

 

5. traduction libre d'un poème de Shirley MacDonald (nous n'avons pas trouvé dans quel ouvrage il a été publié)

Tout ce dont je dois me souvenir

Dans chaque choix

Choisis l'Amour et non la Peur

Le Chemin de l'Amour et de la Joie

Je choisis l'Amour,

Je choisis la Paix,

Je choisis la Joie,

Amour, Paix et Joie

 

6. (coach, qui est également professeur de Yoga)

Je me réfère ici à la doctrine Védique d'Antahkarana, ce qui veut dire en sanscrit la conscience intérieure, ou l'esprit manifesté. C'est un paradigme qui décrit quatre parties du mental. Ces quatre fonctions sont: Manas, qui est en liaison avec les cinq sens; Chitta, qui est composé de nos impressions, de notre expérience, des comportements acquis et du savoir; Ahamkara, qui est lié à l'ego et au sens de soi-même et, enfin, Buddhi, qui est la capacité intuitive de voir, discriminer et comprendre. Le Buddhi représente la Connaissance Pure, l'Esprit dans sa forme la plus haute. Il est en général masqué par les trois autres parties du mental. Selon de nombreuses écoles de Yoga, la méditation sert à accéder à Buddhi et à le purifier. L'idée est que, dans la méditation, l'on regarde passer les pensées qui viennent à la conscience et qui sont composées des impressions colorées par Chitta, Manas ou Ahamkara. Quand ces pensées passent et se dissipent, les impressions qui demeurent représentent les fonctions de Buddhi. ( SWAMI J. Coordinating the Four Functions of Mind Http://www.swamji.com). Donc, il s'agit de prendre les décisions dans cet état de Buddhi; on peut relier cela au fait de prendre de la hauteur dans le management d'un changement. Beaucoup de traditions disent la même chose: d'abord, nettoyer, faire le vide; puis Shakti, ou le Saint-Esprit, agissent à travers nous.

Parfois, une décision prise sur un coup de tête ne résiste pas au temps. Après un moment, on ne voit plus la situation de la même façon. Quand j'aide quelqu'un face à un choix, je l'invite à atteindre cet état méditatif, je l'aide à se désengager, à devenir neutre, avant de prendre sa décision.

 

7. Ignacio de Loyola, fondateur des Jésuites, a écrit ses « Exercices spirituels » (1ère publication en 1548), dans lesquels il conseille sur la façon de prendre des décisions importantes dans une perspective chrétienne.  Voici un très court résumé du passage concernant ce sujet (paragraphes 169 à 189).

Soit on reçoit clairement l'inspiration divine, soit les choses ne sont pas aussi claires.

Dans ce dernier cas, une décision ne peut être prise sous la pression des émotions et des peurs mais dans un état de tranquillité. Elle doit également être prise avec à l'esprit la finalité de la vie, qui est le service de Dieu. Lorsqu'on hésite entre plusieurs options, deux méthodes sont possibles; elles commencent toutes les deux par une prière demandant à Dieu de nous guider dans ce choix.

- faire une liste des pour et des contre de chaque option puis considérer de quel coté la raison incline. Puis, retourner à Dieu et demander sa validation.

- imaginer un autre homme faisant face au même choix ( que l'on ne connaît pas et à qui l'on souhaite d'être aussi parfait que possible); que lui conseillerait-on de faire ? Puis, s'imaginer sur son lit de mort, considérant retrospectivement le choix qui a été fait: comment le verrions-nous alors ?. Puis, à nouveau, s'imaginer au jour du “Jugement” et considérer le choix qui a été fait: comment le verrions-nous alors ? Puis, comme dans l'autre méthode, retourner à Dieu et demander sa validation.

 

8. (coach, à propos de la façon dont il aide des clients confrontés à de tels choix)

Je suis attentif à la voix à l'intérieur de la personne et que celle-ci n'entend pas alors qu'elle peut être importante. J'attire son attention sur cette voix. Parfois, les meilleures options sont délaissées parce que la personne n'ose pas y penser ou en parler.

 

9. (homme, senior)

A cette époque, j'avais dans les 40 ans et j'étais à un carrefour dans ma vie professionnelle. J'étais très tenté de quitter le monde conventionnel dans lequel j'étais engagé et de prendre un chemin beaucoup plus marginal. Je voulais donner un sens plus spirituel à ma vie et approfondir ma compréhension de la vie et des êtres humains. J'avais le sentiment que mon travail de sociologue ne me permettait pas d'atteindre la profondeur que je cherchais. Une nuit, pendant cette période, j'ai fait un rêve. Je conduisais une voiture et la route faisait un virage de 90° sur la droite. Si j'avais été trop vite, comme le virage était serré, je serais sorti de la route sur la gauche ; mais je réussis à l'éviter en conduisant prudemment. En même temps, de l'autre coté de la route ( sur ma droite, donc), je laissais de coté un ami et collègue qui se tenait là. Quand je me suis réveillé, l'interprétation du rêve m'est venue clairement et immédiatement : je n'allais pas prendre la route plus marginale et ésotérique, du moins dans ma profession, car cela me ferait « sortir de ma route » ; je ne devais pas non plus m'identifier à la voie plus conventionnelle que je suivais, symbolisée par ce collègue. J'avais à trouver mon chemin, sur le fil du rasoir, entre la route marginale et la route classique, en étant dans le monde sans être possédé par lui. Plus de vingt ans après ce rêve, je peux dire qu'il a guidé ma vie et mes choix de carrière. Ce qu'il me suggérait est en fait ce qui s'est réalisé, d'une manière que je ne pouvais imaginer à cette époque. J'ai travaillé dans le champ des sciences sociales mais j'ai réussi à ne pas me trouver piégé dans les jeux de publications dans des journaux académiques sans intérêt pour moi, dans les contraintes de la quête de jobs universitaires classiques, en trouvant des niches improbables qui me permettaient de garder la liberté dont j'avais besoin.

 

10. (coach)

Mon client venait de se faire licencier ; il commença regarder sa vie passée et à réfléchir à comment il la voudrait à l'avenir : plus de vie de famille, nouveaux types de jobs. Puis, finalement, sa société lui proposa de le garder. Il était perplexe. Je lui ai demandé de me décrire sa vie quand son fils aurait 10 ans ( il en avait cinq à ce moment-là). C'est cela qui lui a permis de mieux situer son Etoile Polaire.

 

11. (coach)

Je regarde la personne, je l'écoute pendant qu'elle me parle des options entre lesquelles elle doit choisir. Je suis attentif à la lumière dans ses yeux, au son de sa voix, à ses attitudes corporelles. Cela en dit beaucoup sur ce qu'elle veut vraiment, au fond d'elle-même. Si je remarque quelque chose pendant qu'elle me parle d'une des options, par exemple, un éclair de lumière dans ses yeux, la voix qui se timbre d'avantage, je partage avec elle mon observation à un moment ou un autre de notre conversation. Cela ne veut pas dire que c'est cette option qu'elle va prendre mais mon travail est d'attirer son attention sur ce qui s'est produit.

….Il n'est pas rare non plus que la conversation permette à la personne d'exprimer une option qu'elle n'avait pas citée au départ et qui s'avère en fait celle qui l'attire le plus.  Parfois les gens oublient de privilégier ce qui les fait le plus vibrer, comme s'ils pensaient que ce serait incongru. Ils ont comme le besoin de se donner la permission .

 

12. (jeune diplômée)

A candidaté dans plusieurs cabinets. A choisi le cabinet XYZ sur une intuition. Après la première matinée d’entretiens chez eux, elle s’est sentie très bien ; sentiment qui allait bien au-delà de la satisfaction d’avoir peut-être réussi des entretiens. « Je me suis sentie respectée, j’ai été claire, authentique, je ne racontais pas d’histoire comme parfois quand on laisse croire que, depuis notre plus tendre enfance, on est passionnée par la stratégie d’entreprise ». La même impression s’est renouvelée dans la seconde vague d’entretiens. Visiblement, le sentiment a été réciproque. Elle a été prise.

«  C’est en cours de processus de recrutement que je me suis rendu compte qu’un critère fort de choix pour moi était la capacité, dans mon lieu de travail, de garder une liberté d’expression. Je n'avais pas réalisé cela avant...Je verrai bien si c’est un lieu où je peux m’explorer, déployer mes ailes ou si je me retrouve plombée ».

 

13. Kamlesh Patel – Guru indien (traduction libre de  http://www.speakingtree.in/blog/listen-to-the-heart-629835)

...Quand nous sommes authentiquement guidés par notre coeur, nous n'avons pas besoin de passer par un processus mental élaboré pour faire des choix ; nous savons toujours ce qui est juste. C'est seulement quand nous compromettons notre bonté intrinsèque que nous avons besoin de délibérer au sujet des choix dans la vie. Pensez-y ! La question suivante est alors : comment cultiver et perfectionner notre capacité à écouter notre coeur ? La réponse est dans la question : en cultivant cette capacité par une méthode pratique. La meilleure méthode est la méditation sur le coeur.

 

14. (coach)

Pour les choix fondamentaux, on doit accepter ce que la vie nous propose. Quand je coache quelqu'un, je suis inspiré par cette idée. On peut ressentir quand la vie est présente: il y a des manifestations ou des signes de paix, de joie, d'amour. Le mauvais choix conduit à la mort. Si je ne peux voir ce que la vie me propose, elle me fera savoir si, oui ou non, j'ai fait le bon choix.

 

15. (coach et animateur d'ateliers)

Comme l'a dit un jour l'Abbé Pierre: “ la vie est plus acceptation que choix”. La vie nous envoie des messages mais nous n'y faisons pas attention. En résumé, ce que je fais dans mes ateliers est d'apprendre aux gens à voir ces signes. C'est un décodage permanent. Quand on ne peut plus décoder, on a besoin de recentrage. Il ya plusieurs moyens de le faire, de retrouver sa verticalité, le lien entre le corps et l'esprit (Yoga, Tai chi...). La clé pour entendre les messages de la vie est spirituelle. C'est un travail de tous les jours, il demande une discipline de vie.

 

16. (coach)

Un jour, j'ai travaillé avec une personne qui était PDG d'une petite entreprise. On lui a proposé de devenir PDG d'une entreprise plus grande et elle hésitait parce que cela aurait comme conséquence qu'elle n'aurait pas de deuxième enfant. Je lui ai demandé: qu'est-ce que vous cherchez dans votre vie ? Quels seraient les caractéristiques de votre vie, comme vous la voudriez, en dehors de votre travail ? Elle a donné une douzaine de caractéristiques (ex. indépendance financière...). Nous avons ensuite construit une grille; elle notait les deux scenarios de 1 à 10 selon chaque critère. Puis j'ai fait les additions mais sans les lui montrer. Je lui ai ensuite juste lu les résultats et je lui ai demandé d'être attentive aux réactions de son corps (battements du coeur, souffle, sensations sur la peau...). Finalement, elle a pris la décision de prendre le nouveau job. Le cerveau non conscient sait...

 

17. (homme, senior)

Quand le choix porte sur le fait d'accepter ou non une proposition, pour un travail, un week end ou une réunion... et que l'on hésite. On n'est pas enthousiaste à propos de cette proposition mais il y aurait aussi des inconvénients à dire non, ou peut-être le risque de manquer une opportunité. Cela m'est déjà arrivé et, un jour, j'ai trouvé un moyen de traiter ce genre de situation. Il a bien marché pour moi et au moins pour certaines personnes à qui j'avais donné le truc. Identifiez ce qu'il faudrait dans ce qui vous est proposé pour que cela vous rende enthousiaste. Ensuite, allez voir la personne qui vous l'a faite et faites en une condition pour que vous l'acceptiez. Si votre condition est acceptée, bingo ! Si elle ne l'est pas, ou si vous n'arrivez pas à trouver ce qui rendrait cette proposition enthousiasmante pour vous, vous n'aurez pas de regret à la décliner.

 

18. Le courage de changer sa vie - Anne Ducroq, Albin Michel 2004

p191. « Quand on est à la croisée des chemins, on le devine toujours. Quelque chose en nous ne sonne plus juste ».

p176, citant André Rochette « Bien souvent, les questions à résoudre dans nos vies se posent dans la durée, la résolution du problème mûrit à son rythme. Pendant longtemps, notre réponse aux évènements sera plus ou moins réactionnelle, plus ou moins libre, plus ou moins juste, mais c’est ainsi : la maturité suppose un chemin à parcourir. Un jour, l’heure sonne, on sait comment agir. Quand la situation est mûre, on quitte le monde du choix et l’on passe dans celui de l’évidence. En quelque sorte, ça ne discute plus en nous. Ce qui doit s’accomplir s’accomplit, c’est tout. On peut alors partir sans se retourner. Un chapitre de la vie est clos.

...Pourtant, il arrive dans la vie que nous ayons à prendre des décisions à des moments où nous ne sommes pas prêts. Dans ce cas, acceptons au moins de nous tromper. … C'est sans regrets, qu'il en soit ainsi. De toute façon, en fonction des choix que nous faisons, si nous faisons une erreur, nous passerons à la caisse. Ce n'est pas la peine d'en rajouter avec des regrets... »

 

19. Le métier de coach - François Délivré, Editions d'Organisation, Paris, 2002, p262

“Il est impossible de proposer à un client une démarche qui l'aide à prendre la bonne décision. Ce serait contradictoire avec sa liberté et l'esprit même du coaching. Jacques Antoine Malarewicz écrit fort justement: “le client va vous faire croire que vous pouvez l'aider à prendre une décision”. Il émet l'hypothèse que, lorsqu'un client vient en coaching pour prendre une décision qu'il a à prendre, c'est qu'il l'a déjà prise mais veut se confronter à “l'être supposé savoir” qu'est le coach. La problématique d'une personne qui hésite à prendre une décision, c'est donc la confiance en soi: la personne a du mal soit à annoncer la décision, soit à l'assumer”.

 

20. (homme, senior)

Avant de m'engager dans une relation avec une femme, et il y en a eu pas mal dans ma vie, je demande toujours un signe. Je me suis donné une convention: pour m'engager , il faut que je voie un papillon, sous une forme ou sous une autre, et dans un délai assez court après m'être posé la question. Et ça marche. Une fois, j'ai vu passer un camion de Roquefort Papillon dans la rue, une autre fois, c'était une broche sur le pull de quelqu'un. Une autre fois encore, vers la fin d'un stage, je sentais qu'il pourrait se passer quelque chose entre une autre participante et moi. Maisj'hésitais. Le dernier matin, elle arrive en portant un tee shirt avec un beau papillon sur le devant...

 

21.(homme senior)

Si tu cherches ta voie, c’est que tu n’as pas assez osé avant...Quand on est sur sa voie, ça se voit dans les yeux, la voix, le corps. Le corps parle, c’est une antenne.

 

 

Autres méthodes recueillies

 22. Mise en scène du choix 

Prendre deux ou trois partenaires qui vont chacun personifier une des options en présence. La personne qui doit faire le choix donne la parole tour à tour à chacun des partenaires; ceux-ci vont parler en faveur de l'option qu'ils personnifient. La personne qui doit faire le choix décide des moments où elle passe la parole à l'un ou l'autre et de celui où la conversation prend fin.

 

23. Choix éthiques

Les méthodes ci-dessous ont été recueillies lors d'une recherche sur l'éthique dans le changement (voir dans ce site).   Elles peuvent servir en cas de décision concernant des dilemmes éthiques mais elles peuvent aussi être utiles dans d'autres cas.

Imaginer que vous racontez à votre fils ce que vous avez choisi.

Imaginer que ce que vous avez choisi fasse le titre de la une de votre journal local

 

24. Une fois un choix fait qui demande de la persévérance

(par exemple parce qu'il requiert un changement durable d'attitude ou de comportement)

S'engager à faire quelque chose de précis, en accord avec le choix qui a été fait, et rendre cet engagement public d'une manière ou d'une autre. Eviter de rester seul avec ce choix.

Créer un symbole de ce changement, par exemple un dessin, qui sera présent dans son environnement, comme un rappel de son engagement.

Tenir un journal, faire le point, seul ou avec quelqu'un, au sujet de la façon dont le changement est appliqué (garder la décision et l'engagement présents à l'esprit)

 

25. Questions utiles quand on étudie les options d'un choix

Qu'est-ce qui vous rendrait heureux(se) dans chacune des options ?

Qu'est-ce qui peut arriver de mieux dans chaque option ?

Qu'est-ce qui peut ariver de pire dans chaque option ?

Dans le cas du pire:

- comment pourriez-vous éviter qu'il se produise ?

- s'il arrive, que se passera-t-il pour vous ?

- comment vous en sortiriez-vous ?

 

26.Questions utiles (suite) lorsque les options du choix amènent chacune à devenir des personnalités différentes. Cela se produit pour des jeunes gens à la sortie de leurs études, au moment de leur choix de carrière, mais aussi à d'autres moments de la vie, lors de tournants importants (ex. à la veille de la retraite).

Donner un nom aux différentes personnes que ces options vous amèneraient à devenir: ex. “l'entrepreneur”, “le vagabond”, “l'artiste”, “le moine”. Décrire ces personnes:

- quelle sera votre journée type ?

- que ferez-vous ?

- que ressentirez-vous ? Quelles expériences vivrez-vous ?

- avec qui travaillerez-vous ? Parlerez-vous ?

- qu'apprécierez-vous le plus dans cette vie ?

- quels sont les dangers? Comment les éviterez-vous ou les soignerez-vous ?

- qu'apprendrez-vous ou gagnerez-vous ? Quels obstacles devrez-vous surmonter ?

- quel animal (ou plante, ou objet) symboliserait le mieux cette vie ?

- êtes-vous certain de ne pas idéaliser cette vie ?

 

27. La nuit porte conseil

Avant de s'endormir, écrire la question que l'on se pose sur un papier qu'on met sous son oreiller, et demander un éclaircissement sur le choix à effectuer...Puis laisser venir la réponse le lendemainL


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